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MASQUES, 50 VISAGES
Expositions > Arts
du 27 avril au 13 juillet 2006
MAKONDE
TANZANIE
Masque-heaume
Bois, cheveux, pigments
H. : 24 cm
Musée Dapper, Paris
© Musée Dapper
Photo Mario Carrieri.
 

les cérémonies funéraires ou les fins de périodes initiatiques. Les masques makonde (Mozambique /Tanzanie) tirent de
l’univers initiatique leur pleine justification. Pour les adolescents, l’accès au statut d’adulte s’obtient après avoir franchi les étapes de l’initiation qui s’achèvent par des réjouissances au cours desquelles apparaissent des danseurs. Leur buste est dissimulé sous une sorte de carapace en bois dotée de seins et d’un ventre de femme enceinte, et leur visage est caché par un masque. Celui-ci, traité de façon naturaliste, porte souvent des scarifications en relief. De façon générale la bouche est lourdement ourlée ; parfois de véritables cheveux (ci-dessus) prennent place sur la tête.
À l’inverse, le masque kwele du Congo s’éloigne du naturalisme et ne conserve du visage humain que l’ovale et, peut-être, le nez long et mince. La face est relativement plate, creusée comme un coeur. Les cornes, dont la courbe n’est
nullement agressive – les appendices se rejoignent sous le menton –, donnent au masque toute son amplitude formelle.
Qu’elles appartiennent à un animal sauvage ou à une antilope très recherchée par les chasseurs du bassin de l’Ivindo, leur présence se rattache à une convention plastique et se retrouve sur nombre de masques d’Afrique subsaharienne.
Entre mythe et histoire Les Dogon possèdent un riche répertoire de masques. Au Mali, l’awa, société qui permet à chaque homme, au fur et à mesure qu’il avance en âge, d’acquérir les règles de comportement social et religieux, en a favorisé
une forte production. Ils sont extrêmement différents, tant dans les formes que dans les dimensions. Ils mêlent parfois quelques traits du visage humain à des caractéristiques propres aux animaux. Parmi les masques dogon les plus connus figure le masque kanaga dont la face est taillée avec de fortes arêtes et de larges évidements pour les yeux. Le kanaga représente un oiseau aux ailes écartées. Pour ce faire, la structure érigée au sommet de la tête du masque, en forme de croix de Lorraine dont les planches transversales sont constituées par deux planchettes rapportées, se déploie
largement, rappelant ainsi les ailes et le ventre de l’animal.
Dans un pays voisin du Mali, le Burkina Faso, il existe une grande variété de masques surmontés d’une planche, celle-ci cédant parfois la place à un personnage . Avec ses formes pleines et la longue tresse qui descend dans le dos, cette figure mossi correspond à l’évocation symbolique d’une princesse ayant participé à la fondation du royaume du Yatenga. Nombreuses sont les cultures qui rattachent l’origine de certains objets à des mythes ou à des légendes. Ainsi, l’apparition du masque bwoom des groupes kuba répond-elle à une nécessité que rapportent les croyances populaires. Au XIXe siècle, le roi Miko mi-Mbul aurait été atteint de folie après avoir tué les enfants de son prédécesseur. Ne pouvant porter le masque royal traditionnel, il fallut créer pour lui un nouveau spécimen.

Christiane Falgayrettes-Leveau

 

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